Esclavage et résistances

 

La traite négrière a été une activité très ancienne en Afrique. Les Européens l'ont exploité en poussant les africains à chercher en elle le plus de ressources. La traite a considérablement affaibli l'Afrique et désorganisé ses structures

politiques et sociales, tandis que la colonisation, censée

l'enrayer, a consacré le partage du continent entre les

puissances coloniales européennes, et la systématisation de

l'exploitation de ses richesses. Elle est surtout la plus grande

opération de déportation que l'humanité ait connue, soit 15 à

20 millions d'individus vendus outre Atlantique. De part sa

durée, quatre siècle, cela représente également le plus long

supplice enduré par des populations du fait de la négation de leur humanité.

Avant l'intervention étrangère, la traite des captifs se pratiquait sans nul doute dans le continent africain mais à une échelle extrêmement réduite. Elle avait surtout pour but de réintégrer socialement des individus qui avaient perdu leurs familles à la suite de guerres ou d'autres calamités.

Pendant des siècles, les esclaves furent principalement dirigés vers l'Afrique du Nord. Un trafic relativement intense s'effectuait à l'ouest de l'Afrique intéressant surtout le Maghreb. Son apogée semble se situer au X siècle. Un réseau central partait également de la région du Tchad, ces esclaves étaient destinés à la Tripolitaine (région de la Libye) et à l'Égypte, ils cheminaient par les routes qu'utilisaient les caravanes transsahariennes.

La période qui nous intéresse se situe à partir du XVI siècle. Le trafic ne se développa vraiment en Afrique occidentale qu'à partir de l'arrivée des Européens et avec le trafic Atlantique vers les Indes occidentales et surtout l'Amérique. Les esclaves avaient pour unique fonction d'améliorer le rendement d'extraction de minerais et autres ressources naturelles de valeurs (canne à sucre essentiellement) présente sur le nouveau continent pour palier le manque de main d'œuvre des populations indigènes.

Les principaux points de traite ont été le Golfe de guinée (du Sénégal à la Sierra Léone), la Côte de l'ivoire, la Côte de l'or (royaume Ashanti, actuel Ghana), la Côte des Esclaves (Ghana, Togo, Dahomey), l'actuel Nigeria, le Cameroun et l'Angola. En cas de besoin, les négriers n'hésitaient pas à s'approvisionner jusqu'au Mozambique.

La trafic a été le fait des grandes puissances maritimes comme le Portugal, l'Espagne, les Pays Bas, l'Angleterre, et la France. C'est pourquoi le point d'acheminement d'esclaves correspondait aux terres d'Amérique conquises par les colons respectifs : le Brésil pour les portugais, Cuba pour les espagnols, Haïti pour les français, etc...

                                             Généralement de six à douze semaines, selon les                                                            conditions de navigation, la traversée transatlantique a été                                              vécu par les esclaves comme un véritable cauchemar et                                                  comme une rude épreuve par l'équipage.

                                                   

                                             Entassés dans l'entrepont, cale aménagée entre les deux                                                  ponts du navire, véritable « boîte à sardines » dont la                                                      hauteur permettait rarement la position debout (1m à 1m80), les esclaves étaient enchainés les uns contre les autres.

Hors les moments de rassemblement sur le pont supérieur pour les exercices de dégourdissement et le lavage à l'eau de mer, ils étaient enfermés et subissaient la claustration, le mal de mer, la puanteur et maladies diverses... La nourriture, à base de céréales et haricots était pauvre, insipide et monotone. Elle était uniquement destinée à assurer la survie des esclaves.

En réaction contre la servitude et à l'asservissement, les

esclaves écœurés par les mauvaises conditions à bord, les

brimades et les traitements inhumains ont développés

différentes formes de résistances et se sont souvent révoltés.


 

En 1773, les esclaves mutinés à bord du négrier londonien « Industry » n'épargnent                                 que deux membres de l'équipage. Les 500 esclaves mutinés du      négrier espagnol « La Amistad » réussissent, en 1839, à prendre

               possession du navire. Arraisonnés et conduits aux États-Unis, ils

furent jugés et libérés pour le retour vers l'Afrique.Le suicide a

également été utilisé comme moyen de résistance par des esclaves

préférant la mort à la captivité, telles que ces quatorze femmes du navire « Soleil »,qui le 29 novembre 1777, se jetèrent ensemble à la mer.

Au sein même des plantations, la résistance s'effectuait autant par le sabotage des biens du maitre, par sa séquestration ou son élimination physique, que par le suicide et le refus des femmes qui se faisaient avorter pour ne pas mettre au monde des enfants nés en captivité.

Le marronnage (fugue) a été l'un des moyens les plus courants mais aussi l'un des plus réprimé en cas d'échec. C'est ainsi que des milliers de « nègres marrons » ont pu constituer des colonies importantes et autonomes dans des zones d'accès très difficile comme des montagnes, forêts ou zones de marécages...